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Méditation Coranique Sourate Al-A’raf – Moussa courroucé contre son peuple

Différents aspects de l’injustice au regard d’un récit prophétique

Différents aspects de l’injustice au regard d’un récit prophétique

Moussa, Aaroun et leur peuple face à l’épreuve du veau

وَلَمَّا رَجَعَ مُوسَىٰٓ إِلَىٰ قَوْمِهِۦ غَضْبَٰنَ أَسِفًۭا قَالَ بِئْسَمَا خَلَفْتُمُونِى مِنۢ بَعْدِىٓ ۖ أَعَجِلْتُمْ أَمْرَ رَبِّكُمْ ۖ وَأَلْقَى ٱلْأَلْوَاحَ وَأَخَذَ بِرَأْسِ أَخِيهِ يَجُرُّهُۥٓ إِلَيْهِ ۚ قَالَ ٱبْنَ أُمَّ إِنَّ ٱلْقَوْمَ ٱسْتَضْعَفُونِى وَكَادُوا۟ يَقْتُلُونَنِى فَلَا تُشْمِتْ بِىَ ٱلْأَعْدَآءَ وَلَا تَجْعَلْنِى مَعَ ٱلْقَوْمِ ٱلظَّٰلِمِينَ

« Quand Moïse fut revenu à son peuple, plein de courroux et de consternation, il dit : – Piètre successeur que vous avez été après mon départ ! Vous vouliez donc hâter le décret de votre Seigneur ?

Il jeta les Tables, empoigna par les cheveux son frère et le tira à lui.

– Fils de ma mère, dit Aaroun, le peuple m’a traité en faible; peu s’en est fallut qu’il ne me tuent. Ne procure donc pas réjouissance aux ennemis à mes dépens. Ne m’assigne pas la compagnie des gens injustes.

قَالَ رَبِّ ٱغْفِرْ لِى وَلِأَخِى وَأَدْخِلْنَا فِى رَحْمَتِكَ ۖ وَأَنتَ أَرْحَمُ ٱلرَّٰحِمِينَ

Moïse dit, – Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mon frère, prends-nous en ta miséricorde, Toi, le plus Miséricordieux des miséricordieux.

Sourate 7 Al A’raf – verset 150 – 151

Ce passage contient une douaa’ prononcée par Aaroun ( عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ, que la paix et le salut d’Allah soit sur lui) que j’apprécie énormément : « Ne procure donc pas réjouissance aux ennemis à mes dépens. Ne m’assigne pas la compagnie des gens injustes. »

Elle met en exergue deux injustices, l’une que l’on pourrait caractériser de mineure commise par Moussa ( عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ, que la paix et le salut d’Allah soit sur lui) à l’encontre de son frère dans son débordement et l’autre majeure, commise par le peuple de Moussa (Les Enfants d’Israël). Dans cette invocation, Aaroun s’adresse à Allah suite à l’injustice que Moussa lui a fait subir dans sa colère face à l’ingratitude et aux méfaits commis par son peuple. Durant l’absence de Moussa, les enfants d’Israël, restés en compagnie d’Aaroun, délaissèrent Allah en lui associant un veau, ce qui est la pire des injustices, Allah pouvant tout pardonner sauf qu’on l’associe à quelque chose (شِرْك , Shirk).

Si on y prête attention, Allah nous renseigne quelques versets plus haut sur ces différentes formes que peuvent revêtir l’injustice :

قَالَ يَٰمُوسَىٰٓ إِنِّى ٱصْطَفَيْتُكَ عَلَى ٱلنَّاسِ بِرِسَٰلَٰتِى وَبِكَلَٰمِى فَخُذْ مَآ ءَاتَيْتُكَ وَكُن مِّن ٱلشَّٰكِرِينَ

Allah dit : « Moïse, Je t’ai élu d’entre les humains pour recevoir Mon message et Ma parole. Prends ce que Je te donne et sois-M’en reconnaissant« .

وَكَتَبْنَا لَهُۥ فِى ٱلْأَلْوَاحِ مِن كُلِّ شَىْءٍۢ مَّوْعِظَةًۭ وَتَفْصِيلًۭا لِّكُلِّ شَىْءٍۢ فَخُذْهَا بِقُوَّةٍۢ وَأْمُرْ قَوْمَكَ يَأْخُذُوا۟ بِأَحْسَنِهَا ۚ سَأُو۟رِيكُمْ دَارَ ٱلْفَٰسِقِينَ

Nous lui prescrivîmes une exhortation sur les Tables, en forme d’édification explicitant toute chose. « Ainsi, tiens-les ferme, et ordonne à ton peuple d’en appliquer la splendeur ». Je vous ferais voir la demeure des scélérats (pervers).

Sourate 7 Al A’raf – verset 144 – 145

Ici on retrouve un sens apparent et un sens caché de ce qu’est l’injustice. Allah fait deux demandes à Moussa. D’abord celle de tenir fermement les Tables et de faire ainsi preuve de reconnaissance envers Allah qui les lui a offert. Ensuite d’ ordonner à son peuple des les respecter. Or que se passe-t-il ? Moussa est-t-il parvenu à réaliser ces injonctions divines ? On remarque qu’il échoua épisodiquement à tenir fermement les Tables, au sens propre, puisqu’il les jeta (7-150) dans son emportement à l’encontre de son peuple et de son frère. Certainement pensait-il qu’il avait échoué dans sa mission d’ordonner, or c’est plutôt dans celle de tenir (nous pourrions dire de prendre soin) qu’il ne réussit pas. C’est en ce point qu’il commet un faute doublée par la violence qu’il exercera envers son frère qu’il tiendra un temps pour responsable des méfaits de son peuple. Pourtant Allah, exalté soit-Il nous dit que ni Aaroun, ni Moussa n’en sont responsables, en effet Allah ne guide pas les gens injustes et il n’incombe aux Prophètes -et qui plus est aux hommes- que d’ordonner et non pas de guider, chacun ayant son libre arbitre. Le verset qui suit nous le rappelle :

سَأَصْرِفُ عَنْ ءَايَٰتِىَ ٱلَّذِينَ يَتَكَبَّرُونَ فِى ٱلْأَرْضِ بِغَيْرِ ٱلْحَقِّ وَإِن يَرَوْا۟ كُلَّ ءَايَةٍۢ لَّا يُؤْمِنُوا۟ بِهَا وَإِن يَرَوْا۟ سَبِيلَ ٱلرُّشْدِ لَا يَتَّخِذُوهُ سَبِيلًۭا وَإِن يَرَوْا۟ سَبِيلَ ٱلْغَىِّ يَتَّخِذُوهُ سَبِيلًۭا ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ كَذَّبُوا۟ بِـَٔايَٰتِنَا وَكَانُوا۟ عَنْهَا غَٰفِلِينَ

« Je détournerai de Mes signes ceux qui témoignent de superbe sur la terre à contre-vérité, quelques signes qu’ils voient, ils ne croient en aucun; s’ils voient le chemin de droiture, ils ne l’adoptent pas pour chemin; mais s’ils voient le chemin de l’errance, ils en font leur chemin. Cela pour avoir démenti nos signes, y être restés indifférents. »

Sourate 7 Al A’raf – verset 146

C’est plutôt Allah qui les laisse s’égarer à leur propre détriment du fait de leur comportement néfaste et ostentatoire. Allah dit ensuite :

وَٱلَّذِينَ كَذَّبُوا۟ بِـَٔايَٰتِنَا وَلِقَآءِ ٱلْءَاخِرَةِ حَبِطَتْ أَعْمَٰلُهُمْ ۚ هَلْ يُجْزَوْنَ إِلَّا مَا كَانُوا۟ يَعْمَلُونَ

« Ceux qui démentent nos signes et la rencontre de la vie dernière, leurs actions crèvent : seront-ils rétribués d’autre chose que de leurs actions ?

وَٱتَّخَذَ قَوْمُ مُوسَىٰ مِنۢ بَعْدِهِۦ مِنْ حُلِيِّهِمْ عِجْلًۭا جَسَدًۭا لَّهُۥ خُوَارٌ ۚ أَلَمْ يَرَوْا۟ أَنَّهُۥ لَا يُكَلِّمُهُمْ وَلَا يَهْدِيهِمْ سَبِيلًا ۘ ٱتَّخَذُوهُ وَكَانُوا۟ ظَٰلِمِينَ

Ainsi le peuple de Moïse, après qu’il les eut quittés, adopta un veau, fait de leurs bijoux : un corps inerte doué d’un meuglement ! Ne voyaient-ils pas qu’il ne leur parlait pas plus qu’il ne les guidait sur un chemin quelconque ? Ils l’adoptèrent comme divinité par un comble d’iniquité. »

Sourate 7 Al A’raf – verset 147-148

La maîtrise de soi, clef du bonheur

Ce que nous rappellent subtilement ces versets – au delà de la gravité qu’est l’associationisme (شِرْك – shirk) – c’est que même si nous sommes confrontés à l’injustice, nous nous devons d’arriver à ne pas y succomber à notre tour. La maîtrise de soi est une force propre à ceux qui font preuve du meilleur des comportements. Elle constitue la clef du bonheur, en nous évitant les ravages causés par la colère. Faire preuve de retenue demande un effort difficile à réaliser, y parvenir est un acte très méritoire, d’autant plus dans la société actuelle où tout est acceléré, dans cette modernité qui encourage le sensationnalisme, les coups d’éclats et déconsidère la pudeur, la retenue. Allah, Al Ra’ouf nous enseigne à mainte reprise que la force est dans la douceur pour les autres et pour nous même :

وَلَا تَسْتَوِى ٱلْحَسَنَةُ وَلَا ٱلسَّيِّئَةُ ۚ ٱدْفَعْ بِٱلَّتِى هِىَ أَحْسَنُ فَإِذَا ٱلَّذِى بَيْنَكَ وَبَيْنَهُۥ عَدَٰوَةٌۭ كَأَنَّهُۥ وَلِىٌّ حَمِيمٌۭ 

La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

وَمَا يُلَقَّىٰهَآ إِلَّا ٱلَّذِينَ صَبَرُوا۟ وَمَا يُلَقَّىٰهَآ إِلَّا ذُو حَظٍّ عَظِيمٍۢ

Mais (ce privilège) n’est donné qu’à ceux qui endurent et il n’est donné qu’au possesseur d’une grâce infinie.

Sourate 41 verset 34-35

Qui n’a jamais souffert en rêvant de vengeance, en ressassant les torts qu’un tel lui a causé en se replongeant dans de noirs souvenirs ? Apprenons à pardonner, sincèrement pour Allah, pour soi-même et pour les autres. Souvenons-nous que l’égo est l’ennemi du bien.

Ainsi rappelons nous ce hadith où les compagnons du Prophète ﷺ lui demandèrent qui entrerait au Paradis et qu’il leur cita un homme ordinaire dont le grand mérite était de se coucher chaque soir en ayant dans son coeur aucune animosité envers personne.

Le Prophète ﷺ et les gens de Tâif

Rappelons-nous aussi le comportement de notre Prophète ﷺ lorsqu’il fut confronté à la haine des gens de Tâif. Alors qu’il ﷺ séjourna chez eux durant 10 jours pour diffuser le savoir dont Allah l’avait gratifié, il fut chassé, insulté et on lui jeta des pierres au point que ses souliers furent teintés de sang. Il invoqua alors Allah qui lui envoya l’Ange Gibril et l’Ange des Montagnes. Ce dernier lui dit :  » Ô Mohammed ! Je ferai ce que tu désires. Si tu veux, je peux replier sur eux les « Al-Akhchabayn » (deux montagnes situées près de la Mecque). « 

Le prophète ﷺ de la miséricorde et du pardon répondit : «je n’ai pas été envoyé comme malédiction (injure) (la’ânan لعنان) mais comme miséricorde pour les univers. Je souhaite plutôt qu’Allah fasse sortir de leurs reins une progéniture qui adorera Allah, l’Unique, sans rien Lui associer. O mon Seigneur ! Guide mon peuple car ils ne savent pas» .
Et Gibril (paix sur lui) dit alors : « Allah a raison de t’appeler le miséricordieux, plein de compassion. »
(selon “Kitâb Badaa Al-khalq”, Hadîth 1365, Sahîh al-Bukhârî).

En espérant vous être profitable, n’hésitez pas si vous souhaitez commenter pour partager vos impressions.

Que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur vous et vos proches.

En ces 10 derniers jours du mois de Ramadan, je vous souhaite sincerement : ALLAH TAQABAL MINKOUM, qu’ Allah accepte vos bonnes oeuvres, vos privations, vos efforts spirituels et physiques, qu’Il nous élève en nous aidant à faire parti de ses chers adorateurs purifiés et nous aide à parfaire notre cher islam.

Amiiiiiin chère communauté aspirante au bien

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