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Il était une fois la révolution ? Du chaos au calme.

image : Maria Fabrizio for NPR

Je lis et j’entends beaucoup d’impatiences, de frustrations, de colère face à l’incompétence et aux doutes. Peu de solutions, peu de certitudes. Certes, de quoi trépigner. Mais à quoi bon ? Est-ce vraiment primordial en ce moment précis de se demander si le virus est sorti d’un labo involontairement et donc si comble de l’ignominie, les Chinois nous ont menti. Est-ce que c’est fondamental à l’heure actuelle de se questionner sur la potentielle ré-ouverture des écoles, qui se fera ou pas quoi que vous en pensiez, surtout qu’au pire des cas il vous suffira de ne pas y amener vos enfants. Est-ce vraiment nécessaire de nous torturer l’esprit en nous demandant si la chloroquine soigne ou si elle ne soigne pas, alors que certains experts bien plus compétents que nous y donnent des réponses le temps venu. On peut s’offusquer de la guéguerre des experts, surtout quand elle est mal intentionnée mais tout en gardant les pieds sur terre. Quant au vaccin, j’ai lu Jacques Attali désespéré que toutes les sommes utilisées pour sauver le système actuel ne soient pas tout simplement allouées à la recherche en médicaments et vaccin contre le covid 19. J’entends l’angoisse et je la trouve légitime mais tout cela n’est que baliverne. Ne pouvons-nous pas un tout petit peu respirer, nous responsabiliser et nous faire confiance. Croire en notre société et nous questionner sereinement sur ce qui doit réellement être « réinventé ». Mon humble avis est que les chercheurs font de leur mieux pour trouver une issue à cette crise. Bien qu’il soit bon de remettre en question les mesures que l’on estime injustifiées, voire néfastes il est quand même urgent de nous questionner sur ce que nous pouvons faire à notre propre niveau. Déjà, ai-je la compétence pour juger de tout et trouver une solution à tout ou dois-je faire preuve d’un brin d’humilité en acceptant mes propres limites et en reconnaissant que bien que je puisse être informée d’une infinité de choses plus vertigineuses les unes que les autres, ma finitude ne me donne pas la capacité de tout bien cerner et résoudre à moi toute seule. Lorsqu’ alors je me rends compte de cela, je cesse de tourner le regard vers autrui, je cesse, à la Donald Trump, de regarder le doigt de celui qui pointe la lune ( OMS, gouverneurs, démocrates) et je rentre dans ma propre introspection. Chacun à son échelle a une responsabilité dans ce qui se passe. Macron plus que toi qui me lis et la mère de famille plus que son enfant. Mais pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable. Certains le font. Ils sont minoritaires mais ils existent et on a tout à gagner à les écouter. D’ailleurs si la majorité avait raison on n’en serait pas là. Pourquoi ne pas aller à l’essentiel. Faire bouger ce que nous pouvons et lâcher prise sur le reste voire faire confiance et accepter de déléguer ce qui peut l’être.

Cette crise doit nous apprendre énormément de choses et c’est une occasion rêvée pour repartir sur des bases plus saines. Qu’avons-nous commencé à changer dans notre quotidien pour que la situation ne se reproduise plus à l’avenir. Si ce n’est motivé par la peur ou restreint par la contrainte, qui d’entre nous a d’ores-et-déjà renoncé à ses prochaines vacances dans un paradis lointain pour se focaliser sur les beautés locales qui l’entourent et qu’il ne connait que si peu. Qui d’entre-nous a décidé de devenir un peu plus minimaliste et un peu moins consumériste suite à ce que cette épidémie a révélé de notre système capitaliste auto-destructeur. Avons-nous essayé de consommer local et de saison ? Qui se demande à quand une économie économe ? Qui ose parler de décroissance ? De décroissance voulue attention, pas de récession tétanisante et révélatrice de toutes les névroses ambiantes ! C’est légitime de vouloir sauver sa peau et par-là-même l’économie par une politique de relance aveugle, mais n’avons nous pas atteint les limites du keynésianisme et du libéralisme ? Est-ce que la main invisible qui fait des intérêts individuels l’intérêt collectif est toujours d actualité, sans garde fou ? Non et nous le savons. D’ailleurs elle ne l’a jamais été. Le protectionnisme est sous-jacent au capitalisme. C’est l’oxymore de l’économie. Mais il est temps de dépasser tout cela. Nous participons tous autant que nous sommes, au système énergivore autodestructeur récent issus des révolutions industrielles et qui nous est donné d’améliorer, comme l’a révélé cette épidémie. Épidémie que nous aurions pu éviter, n’eussent été notre inconscience collective généralisée.

Les sonneurs d’alarmes sont nombreux. Il y a d’abord le bon sens de tout un chacun qui aurait du depuis bien longtemps nous faire nous rendre compte que notre folie des grandeurs allait tôt ou tard nous retomber dessus. Il y a ensuite nombre de libres-penseurs, économistes, socio-anthropologues, de Richard Thurnwald à Karl Polanyi. Dès 1944 ce dernier nous démontrait combien les marchés auto-régulateurs étaient une aberrations vouée à sa propre perte en soulignant que ni la terre, ni la monnaie, ni le travail n’avaient en économie réelle de valeur marchande. D’autres sont venus après eux, tel Serge Latouche, mais un peu comme le Dr Raoult, ils étaient méprisés et décrédibilisés par le main stream. Je n’accuse personne en particulier puisque nous sommes tous, a priori dotés d’intelligence et à plus ou moins grande échelle responsables de cela. Je nous demande seulement de nous réveiller tranquillement ou radicalement mais il nous faut une prise de conscience universelle. Sortons la tête du sable et acceptons le temps qu’il faudra, un confinement positif propice à la refonte de nos propres modes de vie et de penser. Puis alors rebellons nous, mais de grâce de façon réfléchie et pour un mieux. Sinon force est de constater qu’on reviendra indéniablement au point de départ à l’image de ce que décrit Sergio Leone dans son chef d’oeuvre Il était une fois la révolution où il nous en donne une définition poignante: « Nom de dieu je sais très bien comment c’est la révolution ! C’est les gens qui savent lire dans les livres qui vont voir ceux qui savent pas, et les voilà qui disent le moment est venu de changer tout ça ! Ils expliquent aux pauvres bougres, qui eux font le changement. Après, les plus malins de ceux qui savent lire dans les livres s’assoient autour d’une table pour bouffer et blablater, pendant que c’est les pauvres bougres qui crèvent. Et qu’est-ce qui arrive quand c’est fini ? Rien, tout recommence comme avant. »

Par Khadija

Je suis convertie à l'Islam depuis le Ramadan de l'année 2014. Je me ferai appeler ici par mon surnom, choisi en hommage à le mère des croyants Khadija bint Khuwaylid, radi allahu anha bien que j'ai gardé mon prénom de naissance dans ma vie courante. Je souhaite mettre à profit mon expérience et mes recherches sur l'Islam et d'autres domaines de la vie au service de la communauté musulmane et de l'ensemble de la société. Mon objectif est de faire connaître une vision sage de l'Islam, répandue chez ses pratiquants mais si peu en dehors de ce cercle. Puisse Allah nous permettre de faire partie de ses rapprochés, puisse Al Hadi nous faire embrasser As Sirat Al Moustaqim

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